La rentrée scolaire apporte toujours son lot de stress et de réorganisation pour les parents. C’est encore plus vrai cette année avec la COVID-19, les mesures sanitaires et le rattrapage scolaire. Dans ce brouhaha, la préparation des lunchs et collations pour l’école peut sembler un fardeau. On devient alors réceptifs aux prétendues options « parfaites pour la boite à lunch » que propose abondamment l’industrie alimentaire en début d’année scolaire.

Depuis plusieurs mois, la pandémie a redéfini la manière dont nous faisons l’épicerie en limitant la manipulation des produits et le temps passé dans les commerces. Consulter la liste d’ingrédients et l’étiquette nutritionnelle est moins accessible pour faire un choix éclairé. Le devant de l’emballage devient ainsi la source principale d’information et c’est là que les pièges du marketing alimentaire commencent. Les stratégies de l’industrie pour maquiller des aliments transformés et ultra-transformés en faux produits santé sont multiples : logos aux allures santé (ex. : Collations senséesMeilleur choixSignature santé, etc.), allégations nutritionnelles positives qui ne tiennent pas compte de la qualité globale du produit (ex. : riche en fibres ou en vitamine D), mise en valeur de certains ingrédients comme les fruits ou les légumes (même quand il n’y en a que très peu), ou encore des mentions « sans additif » ou « sans gluten » !

Tout cela sans compter les présentoirs à l’effigie d’autobus scolaire ou les promotions d’aliments pour la rentrée dans les commerces d’alimentation et les circulaires. On vante des biscuits, des craquelins et des petits gâteaux comme étant les meilleurs choix de collation à offrir à nos enfants pour l’école et on présente des jus de fruits bourrés de sucres libres comme une boisson favorable à l’apprentissage ou à un lunch équilibré. Prenez garde à ces tactiques de séduction.

La meilleure boisson dans la boite à lunch, c’est l’eau ! Voilà une chose de réglée. Quant aux collations, les plus nutritives sont souvent celles vendues sans emballage comme un fruit ou un légume frais, ou encore un aliment de base comme un produit céréalier à grains entiers ou un produit laitier non-sucre. Un pain à grains entiers (pita, tortillas, etc.) accompagné d’une source de protéines comme du houmous, du yogourt, du fromage ou beurre de soya, sont d’excellentes options. Dans tous les cas, impliquer les enfants dans la préparation est gagnant : si cela ne sauve pas toujours du temps, on s’assure ainsi que le contenu de la boîte à lunch sera mangé.

Cela étant, si être aux faits est important, il serait encore mieux qu’il ne soit pas permis de nous berner ! Le gouvernement fédéral devrait mieux encadrer le devant de l’emballage alimentaire en interdisant les logos santé autoproclamés, en ajoutant un étiquetage simplifié sur le devant des emballages et en balisant davantage l’information qui y figure.

Au Québec, de plus en plus d’enfants et d’adolescents obèses développent un diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires, une situation autrefois observée uniquement chez les adultes. La présence prématurée de ces maladies altère grandement leur santé et entraîne de graves problèmes à l’âge adulte.  Simplifier l’information nutritionnelle, à l’aide de logos établis et gérés par Santé Canada, faciliterait la compréhension, peu importe l’âge, la langue et le niveau de littératie du consommateur.  C’est donc par souci de transparence et pour favoriser la saine alimentation de tous les Canadiens que le gouvernement devrait adopter rapidement un étiquetage nutritionnel simplifié sur le devant de l’emballage et le mettre en place sans tarder.

Dans les dernières années, le gouvernement libéral a fait preuve de leadership en matière de saine alimentation, notamment avec la refonte du Guide alimentaire canadien. Devant les effets désastreux qui incombent à la COVID-19, mais aussi aux maladies chroniques, il est essentiel qu’il poursuive ses actions pour soutenir la saine alimentation.  Il y a urgence d’agir pour assurer une santé durable à l’ensemble de la population.

Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids