À la veille du 11 octobre, qui marque la Journée mondiale de l’obésité l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié le rapport Agir contre l’obésité amènerait davantage de bien-être économique et social. Il présente l’impact de l’obésité et des maladies chroniques associées sur les finances publiques et réitère l’importance de mettre en place des politiques publiques fortes; une taxe sur les boissons sucrées, l’encadrement du marketing alimentaire, dont l’interdiction de la publicité destinée aux enfants, l’imposition d’un étiquetage simplifié sur le devant des emballages et la reformulation des produits.

Depuis des années, des centaines de professionnels et organismes de la santé martèlent l’urgence d’agir et d’investir davantage en prévention de l’obésité et des maladies chroniques évitables pour réduire la pression et les coûts de santé. Pourtant, par rapport à la gravité de la situation, les gestes posés et les investissements restent trop timides, particulièrement dans le contexte de vieillissement de la population.

Au Canada, le surpoids touche un jeune sur trois et 17 millions d’adultes. Les maladies chroniques qui y sont associées font des ravages. Aujourd’hui, on diagnostique des enfants avec des problèmes d’hypertension et de diabète de type 2.  Ce sont des millions de Québécois qui souffrent de maladies invalidantes alors que plusieurs cas de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancers pourraient être évités par une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif.

Lors de l’adoption de la Politique gouvernementale de prévention en 2016, le gouvernement du Québec s’était engagé à étudier la taxation des boissons sucrées et à identifier des cibles de reformulation des produits alimentaires. Trois ans plus tard, alors que plusieurs juridictions à travers le monde ont déjà mis en œuvre ces moyens, il est plus que temps que le Québec agisse en matière de prévention.

Les gouvernements doivent s’engager davantage pour bâtir des milieux de vie où les choix sains sont plus faciles à faire. De plus, le retour sur l’investissement est fort intéressant : les mesures efficaces en prévention de l’obésité et des maladies chroniques ont des effets positifs sur l’amélioration de la santé des personnes malades ou en surpoids ce qui multiplie les économies et réduit la pression sur le système de soins à long terme.

L’effort collectif pour réduire le fardeau des maladies chroniques et de l’obésité doit rejoindre l’ensemble des politiques, actions et investissements des différents ministères. La santé est une richesse qu’il est nécessaire de protéger et de maintenir, notamment chez les communautés les plus vulnérables. Avec l’état de notre système de santé et un personnel à bout de souffle, s’offrir des mesures de prévention est loin d’être un luxe !

S’il revient au Québec d’agir en prévention de l’obésité, le gouvernement fédéral a aussi une part des responsabilités à assumer. À deux semaines des élections fédérales, quels sont les engagements des différents partis à ce sujet?

 

Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids