Montréal, le 13 février 2020 – Dans le cadre des consultations prébudgétaires, la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) demande au gouvernement, par le biais de son mémoire, de hausser les investissements en prévention de l’obésité et d’instaurer une taxe sur les boissons sucrées dont les sommes sont réinvesties en prévention.

 Depuis des années, les organismes et professionnels de la santé ne cessent de souligner l’urgence d’investir en prévention afin de réduire l’obésité et ses conséquences. Le système de soins est surchargé et le personnel peine à répondre aux besoins de la population. Pourtant, une solution existe : davantage de prévention. Cette solution permettrait d’épargner des souffrances et des coûts évitables, tout en désengorgeant notre système de santé et en allégeant la pression insoutenable sur ses employés. « Il est temps que le gouvernement agisse et investisse massivement en prévention de l’obésité », réclame Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids. 

L’obésité, un enjeu de santé publique

La situation est alarmante et le Québec ne peut plus attendre. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) indique que l’obésité abdominale a pratiquement doublé en 30 ans au Québec. « Aujourd’hui, il n’est plus rare de voir des enfants atteints d’obésité, et même d’obésité abdominale. Cette condition favorise l’apparition précoce de maladies chroniques », déplore Mme Voyer. L’ampleur des problèmes de santé associés au surpoids tels que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les cancers est extrêmement préoccupante.

Rappelons que l’INSPQ évalue que l’obésité coûte annuellement près de 3 milliards de dollars aux contribuables québécois. « Bien que le gouvernement ait réalisé certaines actions pour promouvoir de saines habitudes de vie, les gestes posés et les investissements restent trop timides par rapport à la gravité de la situation », indique Mme Voyer. Chaque dollar investi en prévention offre un excellent retour sur l’investissement.

La taxation des boissons sucrées, une mesure incontournable

Dans un environnement où il est plus facile de trouver une boisson sucrée qu’une fontaine d’eau, les efforts de sensibilisation ne suffisent pas. Le marketing féroce de l’industrie des boissons sucrées, qui cible particulièrement les jeunes, utilise les mêmes stratégies que celles de l’industrie du tabac. « Devant l’omniprésence de ces bonbons liquides constamment à bas prix et en rabais, est-ce que le citoyen fait réellement des choix libres? », questionne Mme Voyer. Il est nécessaire de transformer les milieux de vie et de s’assurer que les choix santé soient faciles et accessibles à toute la population.

Parmi les actions à mettre en place figure notamment l’instauration d’une taxe sur les boissons avec sucre ajouté, dont les revenus seraient réinvestis en prévention. La littérature scientifique démontrant bien leur nocivité, il s’agit de l’une des mesures les plus prometteuses en termes de coûts-bénéfice. Une taxe lancerait un signal clair à l’égard de la consommation régulière de ces boissons non essentielles et surconsommées au Québec. Déjà instaurée avec succès dans plusieurs pays, les résultats d’une telle mesure sont fort prometteurs pour le Québec.

« Les boissons sucrées représentent la plus importante source de sucre ajouté dans l’alimentation et leur consommation quotidienne est la seule pratique alimentaire étant systématiquement associée à l’obésité chez l’enfant », insiste Mme Voyer. Même si de nouvelles données de l’INSPQ indiquent que la consommation de boissons gazeuses et de boissons aux fruits a diminué, les boissons lactées sucrées ainsi que les cafés ou thés sucrés ont, pour leur part, augmenté. « Au fil du temps, l’industrie des boissons sucrées a diversifié ses produits pour s’assurer de plaire à tous les goûts et toutes les bouches, en plus de donner des allures santé trompeuses à certaines boissons pleines de sucre comme les eaux vitaminées, les thés glacés, les kombuchas ou les boissons pour sportifs ou énergisantes », ajoute-t-elle.

« Évidemment, la taxation des boissons sucrées ne permettra pas de tout régler à elle seule, mais celle-ci s’inscrit dans un ensemble d’actions de prévention à déployer pour contribuer à la santé durable des Québécois », souligne-t-elle.

Le prochain budget doit prévoir une hausse des investissements en prévention pour assurer une gestion saine des finances publiques et le bien-être des Québécois.  « Avec plus de la moitié de la population en surpoids, il est grand temps pour le Québec de faire preuve d’audace et d’investir généreusement dans sa plus grande richesse naturelle, soit des Québécois en santé.  Pour y parvenir, une taxe sur les boissons sucrées est certainement une alliée », conclut Corinne Voyer.

 

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids
Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du poids réunit plus de 600 partenaires qui visent l’adoption de politiques publiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails, cqpp.qc.ca.

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