Montréal, le 25 septembre 2020 – Dans le cadre de la consultation visant l’élaboration de la Stratégie de développement économique local et régional du Québec, la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) émet ses recommandations et demande que les entreprises qui bénéficient, ou bénéficieront de revenu public soient celles qui proposent les aliments que l’on veut voir au quotidien dans l’assiette des Québécois.es et non celles qui affectent leur santé.

« Les aliments ne sont pas une simple marchandise, les décisions économiques ont des impacts sur les environnements alimentaires et par ricochet sur la santé de la population! Avec une majorité d’adultes en surpoids et des maladies chroniques qui affectent près de la moitié des citoyens de 15 ans et plus, l’engagement à soutenir la saine alimentation doit être une priorité pour la relance économique », indique Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids.

Avec la précarité économique engendrée par la crise sanitaire, promouvoir la production alimentaire d’ici et l’achat local devient une stratégie collective indispensable. En plus de favoriser notre autonomie alimentaire, mieux subventionner le secteur agricole est susceptible d’améliorer la santé des Québécois.es. « Toutefois, il ne faut pas se méprendre : ce n’est pas parce que les aliments sont produits ou préparés au Québec qu’ils sont sains et qu’il faut encourager leur consommation régulière », souligne Mme Voyer.

L’appel à la solidarité, lancé par le gouvernement du Québec, pour inviter la population à favoriser l’achat local peut certes contribuer à la santé de notre économie, mais ne garantit pas nécessairement aux consommateurs l’achat de produits alimentaires bons pour leur propre santé. L’estampille « préparés ou produits au Québec » ne devrait pas être utilisée pour mettre en vedette des aliments de piètre qualité nutritionnelle ou promouvoir une consommation accrue de produits d’exception. « Actuellement, trop souvent les sceaux d’authenticité du type « Produits d’ici », « Aliment Québec » et « Super Québec » mettent en valeur des aliments hautement transformés et donc de faible valeur nutritive. Il est nécessaire d’encadrer les catégories d’aliments arborant ces mentions pour que la population puisse distinguer les produits sains de ceux à consommer occasionnellement », ajoute Mme Voyer.

Dans un contexte de développement durable, dont la santé fait partie intégrante, il faut considérer les externalités négatives des aliments. À cet effet, la population est presque unanime : 4 Québécois sur 5 souhaitent que le gouvernement cesse de subventionner les entreprises alimentaires dont les produits nuisent à la santé[1].

Rappelons qu’en 2017, le Québec s’est doté de la Politique bioalimentaire visant à promouvoir un secteur bioalimentaire prospère et durable, où la santé est au cœur des priorités. Le gouvernement doit poursuivre ses efforts pour produire localement plus d’aliments sains. Les Québécois.es méritent que le secteur bioalimentaire soit basé sur une logique nutritionnelle qui sera profitable non seulement pour l’économie, mais également pour leur santé. C’est une question de bonne gestion des finances publiques. « La future Stratégie de développement local et régionalest l’occasion d’offrir aux Québécois.es un secteur bioalimentaire à la fois plus sain et prospère ! », conclut Corinne Voyer.

Afin de développer le secteur bioalimentaire tout en étant favorable à la santé, la Coalition Poids recommande que la Stratégie de développement économique local et régional du Québec :

  1. évite de subventionner et de promouvoir les aliments ayant des externalités négatives, telles que les boissons sucrées, énergisantes ou alcoolisées, qui finiront par accroître les dépenses en santé;
  2. se base sur des critères nutritionnels lors de l’octroi de subventions afin de produire davantage d’aliments locaux et sains;
  3. subventionne la production d’aliments locaux peu ou pas transformés;
  4. soutienne l’agriculture et la distribution de proximité;
  5. assure aux institutions et aux municipalités les moyens nécessaires destinés à augmenter l’offre d’aliments sains et locaux.

Pour consulter le mémoire complet de la Coalition Poids, cliquez ici.

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

Créée en 2006 et chapeautée par l’Association pour la santé publique du Québec depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du poids réunit 700 partenaires qui visent l’adoption de politiques publiques spécifiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails, cqpp.qc.ca.

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Pour toute demande d’entrevue, contactez :

Corinne Voyer

Directrice, Coalition québécoise sur la problématique du poids

Cellulaire : 514 566-4605

cvoyer@cqpp.qc.ca

[1] Sondage  omnibus web effectué par Ipsos, pour le compte de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, auprès d’un échantillon représentatif de 1000 répondants du Québec, âgés de 18 ans et plus (du 24 au 28 septembre 2018 ).