Montréal, le 15 janvier 2020 – Un récent rapport de l’Institut national de santé publique du Québec indique que la consommation de boissons gazeuses et de boissons aux fruits a diminué entre 2004 et 2015 ; toutefois, celle des boissons lactées sucrées ainsi que des cafés ou thés sucrés a augmenté. « Même s’il y a des signes encourageants pour certaines catégories de boissons sucrées dont la consommation diminue, celles-ci ne se limitent pas aux boissons gazeuses. L’industrie des boissons sucrées offre une panoplie de produits pour plaire à tous les goûts et toutes les bouches, en plus de donner des allures santé trompeuses à certaines boissons pleines de sucre comme les eaux vitaminées, les thés glacés, les kombuchas ou les boissons pour sportifs ou énergisantes. Le travail est loin d’être terminé », précise Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids).

Même si de plus en plus d’organismes de santé et de professionnels sensibilisent et éduquent la population sur les risques d’une consommation régulière de boissons sucrées, cela ne fait pas le poids face au marketing féroce de ces produits. « L’industrie des boissons sucrées utilise les mêmes stratégies de marketing que celles de l’industrie du tabac, » souligne madame Voyer. Les boissons sucrées sont disponibles partout et à bas prix et leur publicité cible particulièrement les jeunes. « Trop de Québécois boivent des boissons sucrées tous les jours », se désole-t-elle. Ces boissons occupent une place démesurée dans l’alimentation des Québécois et constituent leur principale source de sucre. Leur consommation demeure alarmante considérant qu’une telle habitude est associée à l’obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires et à la carie dentaire.

Il n’est plus l’heure de réfléchir, mais d’agir !

Dans un article du journal Le Devoir, publié ce 15 janvier 2020, nous apprenons la mise en place d’un comité interministériel pour étudier la question. Alors que le comité aura un an pour remettre ses recommandations pour réduire davantage la consommation de boissons sucrées, la Coalition Poids s’impatiente de voir aboutir des actions concrètes de la part du gouvernement. « Québec a déjà en main les réponses pour agir et refait des travaux qui ont déjà été initiés par la Politique gouvernementale de prévention en santé et le Plan d’action pour réduire la consommation de boissons sucrées et promouvoir l’eau du ministère de la Santé », soupire madame Voyer.

Plusieurs mesures prometteuses existent. Entre autres, la Coalition Poids revendique depuis plusieurs années l’implantation d’une taxe spécifique sur les boissons sucrées dont les sommes seraient réinvesties en prévention. Implantée avec succès dans différentes juridictions à travers le monde, une telle taxe est une mesure démontrée efficace. Comme en France, la Coalition Poids invite également le gouvernement à interdire le remplissage à volonté des boissons sucrées dans les restaurants, en libre-service et aux tables. C’est une tactique de vente très prisée des jeunes qui banalise la consommation excessive. Pendant que des municipalités, comme Montréal, ont choisi d’opérer un virage santé et d’éliminer l’offre de ces bonbons liquides de leurs installations, la Coalition Poids déplore aussi que des établissements scolaires et de santé offrent encore des boissons sucrées, alors qu’elles ne devraient plus y être offertes depuis plusieurs années. De plus, on se demande pourquoi de tels produits se retrouvent encore dans nos pharmacies. « Présentement, ce ne sont pas les idées efficaces qui manquent, mais la volonté politique d’agir », martèle Corinne Voyer. La santé de la population doit primer sur les intérêts économiques d’une industrie nuisible à la santé. « Avec la part de plus en plus grande du budget provincial allouée aux soins de santé, nous n’avons plus les moyens d’attendre encore pour agir », conclut madame Voyer.

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec, la Coalition québécoise sur la problématique du poids est appuyée par plus de 600 partenaires issus de la santé, de la recherche, de l’environnement, de la nutrition, de l’activité physique, ainsi que des milieux municipal et scolaire. Son mandat est de revendiquer des modifications législatives, réglementaires et des politiques publiques, afin de favoriser la mise en place d’environnements facilitant les saines habitudes de vie, qui contribuent à prévenir l’obésité et les maladies chroniques. Pour plus de détails, cqpp.qc.ca.

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Corinne Voyer
Directrice, Coalition québécoise sur la problématique du poids
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