Montréal, le 2 août 2017 – Suite à la publication de nouvelles données mesurées tirées de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes par Statistique Canada, la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) constate que, tant chez les jeunes que les adultes, les pourcentages d’embonpoint et d’obésité demeurent hautement préoccupants et nécessitent des interventions de santé publique plus ambitieuses.

Au Québec, entre 2004 et 2015, le surpoids chez les adultes a continué sa progression, passant de 56 % à 60 %. Chez les jeunes québécois âgés de 5 à 17 ans, le surpoids a également augmenté à 30 %. « Ces pourcentages démontrent de nouveau l’urgence d’agir en prévention et de penser à des mesures touchant différentes sphères, pour avoir un impact sur les habitudes de vie de l’ensemble de la population », soutient Clara Couturier, porte-parole de la Coalition Poids.

Les conséquences sociales et économiques de l’obésité sont graves. L’obésité est un facteur de risque important pour plusieurs maladies chroniques, comme le diabète, divers cancers et les maladies cardiovasculaires, qui sont parmi les plus invalidantes et meurtrières de la province. De nombreux enfants et adolescents en surpoids vivent désormais avec des problèmes de santé autrefois observés chez les adultes, dont l’hypertension et le diabète de type 2.

L’Institut national de santé publique a évalué que, chaque année, l’obésité coûte plus de 3 milliards de dollars aux contribuables québécois. « Pour diminuer l’engorgement du système de soins et mieux contrôler les dépenses de ce secteur, le gouvernement doit investir en prévention de l’obésité et mettre en place des politiques publiques et des environnements facilitant la saine alimentation et un mode de vie physiquement actif », note Clara Couturier.

La Coalition Poids réitère qu’il est prioritaire de cibler les contributeurs du surpoids identifiés dans la littérature scientifique, en s’attaquant notamment à la surconsommation de boissons sucrées. À cet égard, l’Institut de la Statistique du Québec révélait ce printemps que 4 Québécois sur 10 et 63 % des jeunes de 15 à 17 ans sont des consommateurs réguliers de boissons sucrées. La littérature scientifique montre que ces produits contribuent à l’obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires et à la carie dentaire. Ce faisant, il est impératif de mettre en place une série de mesures, dont l’implantation d’une taxe spécifique sur les boissons sucrées réinvestie en prévention, qui reste la plus prometteuse et la mieux documentée.

« Malgré les efforts de sensibilisation et d’éducation faits par les acteurs en santé quant aux risques d’une consommation régulière de boissons sucrées, ça n’est pas suffisant face au marketing intense de ces produits. Le gouvernement doit faire sa part pour nous appuyer dans cette tâche », explique Mme Couturier. La Coalition Poids a favorablement accueilli l’annonce du chantier devant évaluer la faisabilité et la pertinence d’une taxe, tel qu’annoncé dans la Politique gouvernementale de prévention en santé.

Pour la Coalition Poids, ces nouvelles données démontrent l’inertie des gouvernements québécois et canadien au cours des dernières années en matière de prévention de l’obésité et rappellent l’urgence d’agir sur différents plans.

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids
Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du poids réunit plus de 350 partenaires qui visent l’adoption de politiques publiques spécifiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails, cqpp.qc.ca.

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