Activité physique

Au Québec, une importante proportion de la population est sédentaire, tant dans ses loisirs que ses déplacements. Cela est en partie attribuable à des politiques d’aménagement et des règlements municipaux, qui octroient une place privilégiée à l’automobile ou limitent les occasions de bouger dans les espaces publics. Pour diverses raisons, ces décisions ont des répercussions sur l’adoption d’un mode de vie physiquement actif et, conséquemment, sur la santé des populations.

 

Une population peu active

La sédentarité est un facteur de risque pour le développement de l’embonpoint, de l’obésité et de plusieurs maladies chroniques1.

Au Québec

  •  En 2009-2010, près de 60 % des adultes étaient inactifs lors de leurs déplacements et de leurs loisirs2.
  • En 2010-2011, seuls 30 % des élèves du secondaire atteignaient le niveau recommandé de 60 minutes d’activité physique par jour et 1 adolescent sur 5 est considéré sédentaire3.
  • Près de 50 % des jeunes sont inactifs lors de leurs déplacements et leurs loisirs4.
  • Seulement 30 % des élèves du primaire et environ 40 % des élèves du secondaire se rendent à l’école à pied ou à vélo5.
  • 55 % des adultes marchent moins d’une heure par semaine pour se déplacer6.

Au Canada

  • En 2012-2013, seulement 20 % des adultes atteignent 150 minutes d’activité physique par semaine7.
  • En 2012-2013, seulement 13 % des garçons et 6 % des filles atteignaient les recommandations de 60 minutes d’activité physique par jour8.

Les loisirs actifs encore peu pratiqués

Pour un enfant, la manière la plus simple, économique et facilement accessible de faire de l’activité physique régulière est de jouer librement à l’extérieur.

  • Près de 62 % des jeunes âgés entre 12 et 17 ans passent 15 heures ou plus par semaine devant un écran à des fins récréatives10.
  • Entre 2009 et 2010, près de 60 % des jeunes québécois de 12 à 17 ans étaient inactifs lors de leurs loisirs, soit le deuxième taux le plus bas au Canada11.

Dans les sociétés industrialisées, le jeu libre à l’extérieur est peu pratiqué, s’expliquant en partie par la perception du danger et des risques dans les quartiers (ex. : circulation automobile)12. Les parents préfèrent alors que leurs enfants s’amusent à l’intérieur ou à des endroits spécifiques (cour arrière, parcs, terrains de jeux), lorsqu’ils ont le temps de les y conduire. Toutefois, il a été démontré que les enfants sont plus actifs lorsqu’ils sont libres de se déplacer à leur gré et de jouer de façon indépendante13.

Alimentation

Par le biais de sa Vision de la saine alimentation – Pour la création d’environnements alimentaires favorables, le ministère de la Santé et des Services sociaux encourage les municipalités québécoises à offrir une variété d’aliments, dont la majorité constitue de bons ou d’excellents choix en termes de valeur nutritive. Il les invite aussi à limiter la vente d’aliments dits « d’exception », telles que les boissons sucrées ou les fritures. En principe, toujours selon cette vision, l’offre alimentaire municipale devrait alors être globalement plus intéressante que celle des restaurants.

Une réalité à améliorer

Les portraits de l’offre alimentaire disponibles à ce jour révèlent que de nombreuses améliorations sont requises pour se conformer à la  Vision de la saine alimentation. À titre d’exemple, en 2007, une étude de la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale1 a révélé que peu d’options santé étaient offertes aux consommateurs dans les installations sportives et que :

  • une boisson gazeuse coûtait 1 ½ à 2 fois moins cher que l’eau ou les jus,
  • on retrouvait de nombreux mets riches en gras saturés, en gras trans, en sodium et/ou en sucres concentrés.

De plus, un portrait de situation dans 16 arénas a été réalisé dans le cadre du projet La santé au menu, qui confirme les constats réalisés dans la Capitale :

  • les comptoirs alimentaires offraient majoritairement de la malbouffe (hotdogs, hamburger, frites, club sandwiches, boisson gazeuse, etc.) ;
  • environ 50 % des machines distributrices proposaient des aliments peu nutritifs ;
  • seulement la moitié des sites visités (8) offrait aussi des aliments plus intéressants du point de vue nutritionnel, tels que des crudités, des paninis, des soupes, des salades, etc.

Alors que la malbouffe semble traditionnellement associée à la cantine de l’aréna ou du centre sportif, son omniprésence n’est pas cohérente avec la pratique de sports ou la promotion de l’activité physique qui y ont lieu.

Ces exemples démontrent que l’offre alimentaire de certains milieux municipaux mérite d’être bonifiée afin de proposer aux citoyens un environnement où les choix sains sont attrayants et accessibles.

Heureusement, plusieurs municipalités ont pris conscience du rôle qu’elles peuvent jouer afin de rendre les choix santé plus faciles pour leur population. Ainsi, elles sont nombreuses à poser des gestes concrets. Pour celles qui songent à passer à l’action, plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour assurer la réussite de leurs initiatives. Un soutien et des ressources supplémentaires peuvent également contribuer au succès de ce changement important.