Compte tenu de sa mission éducative, l’école est un lieu où l’offre alimentaire devrait être exemplaire. D’importants progrès ont été observés au cours des dernières années, bien qu’il reste des efforts à faire pour assurer une amélioration de l’offre alimentaire à l’intérieur, et à proximité, des établissements scolaires.

L’implantation de politiques publiques est une manière efficace d’apporter des changements à l’offre alimentaire des établissements scolaires. À titre d’exemple, la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école (la Politique-cadre), adoptée en 2007, a pour objectif de présenter des orientations claires quant aux choix nutritionnels à privilégier en milieu scolaire (ex. : offrir une variété de fruits et légumes, privilégier les grains entiers et éviter les gras trans industriels).

Encore du chemin à faire dans les écoles

Les évaluations de la Politique-cadre1,2,3 illustrent des changements positifs dans la qualité des aliments servis à l’école. Toutefois, des améliorations restent à apporter :

  • des boissons sucrées sont encore présentes dans plusieurs écoles (en particulier au secondaire) ;
  • les gras trans ne sont pas entièrement retirés des menus ;
  • les grains entiers sont rarement proposés.

Ces bilans montrent que certains obstacles nuisent à la mise en œuvre du volet saine alimentation de la Politique-cadre, dont le manque de ressources financières et la proximité des restaurants et des dépanneurs.

De plus, 62 % des milieux jugent que l’environnement dans lequel les enfants mangent est peu accueillant et convivial, ne contribuant pas à générer un sentiment positif à l’égard de la période du repas4. Il semble que plusieurs écoles n’aient pas accès à des locaux et infrastructures adaptés au nombre d’enfants, se traduisant par l’entassement des groupes et un niveau de bruit souvent trop élevé5.

Fontaines d’eau

Des fontaines d’eau fonctionnelles, propres et attrayantes sont une option saine et écologique à considérer dans un établissement scolaire. L’accès à l’eau potable est une alternative aux jus et boissons sucrées, en plus de limiter l’usage de bouteilles de plastiques jetables. Or, 36 % des écoles primaires6 et 28 % des écoles secondaires publiques rapportaient ne pas avoir de fontaine d’eau à proximité ou à l’intérieur du lieu de repas7.

Machines distributrices

S’il est rare de trouver des machines distributrices dans les écoles primaires (2 %), elles sont néanmoins très populaires au secondaire, où l’on en retrouverait dans 40 % d’entre elles. Notons que les écoles privées en ont considérablement plus que celles du réseau public8.

Autour des écoles : un environnement à considérer

L’industrie de la restauration rapide adopte une stratégie rentable pour attirer les consommateurs : assurer la facilité d’accès à leurs restaurants et cibler les jeunes consommateurs, qui ont déjà un pouvoir d’achat9,10,11. Il leur est donc profitable de se positionner à proximité de lieux stratégiques comme les hôpitaux, les entreprises, les zones commerciales et, surtout, les écoles12. À cela s’ajoute le fait que les jeunes n’ont pas le sens critique adéquat pour comprendre les stratégies de marketing.

  • Environ 37 % des écoles publiques ont un ou plusieurs restaurants de fast-food dans un rayon de 15 minutes à pied de l’école13 ;
  • Les jeunes qui fréquentent une école où un restaurant rapide est situé à une distance de moins d’un km ont une alimentation moins saine que ceux qui n’en ont pas à proximité de leur école14 ;
  • La présence d’un restaurant rapide dans un rayon de 160 mètres de l’école est associée une hausse de 5,2 % du taux d’obésité chez les jeunes de cette école15.

L’offre alimentaire des restaurants et dépanneurs situés à proximité des écoles peut nuire aux efforts des écoles dans le cadre du virage santé. Ce faisant, les ressources qui accompagnent la Politique-cadre doivent être conséquentes pour que les écoles offrent une alimentation saine, compétitive et attrayante, et ce, dans des lieux agréables à fréquenter.

Politiques et initiatives existantes

Écoles primaires et secondaires

En septembre 2007, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a présenté la Politique-cadre pour une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif en milieu scolaire Pour un virage santé à l’école. Cette politique reconnait l’importance de la saine alimentation pour les jeunes et le rôle du milieu scolaire en la matière.

L’implantation de cette politique-cadre a été accompagnée d’un soutien financier initial de 11 millions de dollars pour l’ensemble des écoles, dont 8 millions16 alloués au volet alimentaire. Or, au moment de l’implantation de la politique, le Québec comptait 2 770 écoles au sein des commissions scolaires, 39 écoles gouvernementales et 354 écoles privées, totalisant 3 163 établissements. Ainsi, en principe, chaque établissement avait accès à 2 529 $ pour mettre en œuvre la politique alimentaire.

Bilan de l’implantation de cette Politique-cadre

En plus d’assurer une cohérence avec les principes de saine alimentation enseignés en classe, les politiques alimentaires scolaires sont prometteuses, car elles contribuent au développement de saines habitudes alimentaires dès le jeune âge, habitudes qui pourront se maintenir sur le long terme.

Cégeps et universités

Contrairement aux écoles primaires et secondaires, les établissements d’enseignement supérieur, tels que les cégeps et les universités, ont une gestion autonome. Le MELS a tout de même proposé un guide adapté à leurs besoins afin de les inciter à suivre le mouvement du virage santé, Pour un virage santé à l’enseignement supérieur17.

Prenez connaissances de solutions prometteuses et des actions de la Coalition Poids visant à promouvoir une saine alimentation à l’école.


Références