L’industrie des boissons sucrées utilise de multiples stratégies de marketing pour assurer l’accessibilité de ses produits et susciter l’achat. Le prix est l’une d’elles, comme l’illustre notre rapport sur les dessous du marketing des boissons sucrées consacré au prix.

À cet égard, la taxation des produits nocifs pour la santé, dont font partie les boissons sucrées, est de plus en plus évoquée dans le monde pour :

  • générer des revenus pouvant être investis dans la prévention et la promotion de la santé ;
  • contrebalancer les dépenses de santé associées à la consommation de ces boissons, ainsi que les investissements marketing élevés de l’industrie ;
  • dénormaliser la consommation régulière de ces produits ;
  • réduire la consommation de ces boissons en instaurant une taxe importante.

La taxe sur les produits du tabac sert d’inspiration à cette proposition et dans ce cas précis, la dissuasion financière servant à faire la promotion de comportements sains a fait ses preuves.

Au Québec

Une taxe sur les boissons sucrées est une mesure fiscale qui permettrait de réduire l’attrait de ces boissons peu coûteuses et de générer de nouveaux revenus pour investir en prévention. Une telle taxe reconnaîtrait aussi la coresponsabilité de l’industrie des boissons sucrées dans le fardeau de l’obésité et des maladies chroniques et servirait donc à éponger une part des coûts de santé qu’entraîne la surconsommation de boissons sucrées au Québec.

Une population en santé est une source de dynamisme et de richesse dont la province a besoin. Par conséquent, une taxe sur les boissons sucrées dédiée à la prévention est l’une des mesures à mettre en place, parce qu’elle :

  • vise à améliorer les conditions de vie et de santé des Québécois ;
  • s’inspire d’une mesure fiscale mise en œuvre avec succès par d’autres législations ;
  • fait preuve de créativité devant l’urgence d’agir en prévention de l’obésité et des maladies chroniques, afin de :
    • réduire la pression exercée par le système de santé sur nos finances publiques ;
    • limiter les coûts sociaux et humains liés à l’invalidité et à la baisse de productivité ;
    • renverser les pronostics à l’effet que la génération actuelle serait la première génération dont l’espérance de vie en bonne santé est moindre que la précédente, en raison de ses habitudes de vie.

L’inclusion d’autres types de boissons sucrées (thés glacés, eaux vitaminées, boissons pour sportifs, énergisantes, etc.) permettrait de générer des revenus encore plus importants.

  • Une taxe d’un cent par litre de boisson gazeuse permettrait de générer des revenus annuels estimés à 8,6 millions de dollars.
  • Pour une taxe de 5 ¢ par litre, les revenus sont estimés à plus de 40 millions de dollars.
  • Pour une taxe de 10 ¢ par litre, les revenus pourraient atteindre plus de 80 millions de dollars.

D’ailleurs, le rapport du Commissaire au développement durable a reconnu la gravité de la problématique du poids, de même que l’urgence d’en faire davantage pour favoriser la saine alimentation, suggérant notamment d’envisager l’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées.

De plus, dans le rapport de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, la taxe sur les boissons sucrées est également identifiée comme une piste d’action à étudier . Les membres de la Commission ont retenu l’idée que « les sommes dégagées devraient être réinvesties dans la lutte contre l’obésité afin d’avoir un effet réel ».

La Plateforme d’évaluation en prévention de l’obésité (PEPO), de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval, a aussi publié l’ouvrage « Taxing Soda For Public Health: a Canadian Perspective », dans lequel est faite une analyse exhaustive du bien-fondé, des impacts potentiels et de l’applicabilité d’une taxation des boissons sucrées visant à prévenir l’obésité et le diabète, en particulier au Canada. Les messages clés issus de cette analyse sont disponibles dans le résumé de l’ouvrage.

À l'international

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Bénéfices de la taxe

  • Les personnes qui consomment les plus grandes quantités de boissons sucrées sont plus sensibles aux augmentations de prix et plus susceptibles de réduire leur consommation1,2.
  • Lorsque le prix des boissons sucrées augmente, la demande tend à diminuer. Une hausse de 10 % du prix résulterait en une diminution de consommation de 8 à 12,6 %3.
  • Une taxe sur les boissons sucrées, jumelée à une campagne d’information qui explique les effets positifs d’une diminution de la consommation, a de meilleurs effets sur la réduction de leur consommation4.

À l’aide de rapports, consensus d’experts et revues de littérature, de nombreux professionnels de la santé et organisations appuient la taxe sur les boissons sucrées et démontrent les avantages d’une telle mesure, parmi lesquels l’Institute of Medecine of the National Academies, leYale Rudd Center for Food Policy and Obesity, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, l’American Public Health Association, l’Academy of Medical Royal Colleges, les Diététistes du Canada et l’Association canadienne du diabète.