Les compétences alimentaires et culinaires constituent une clé pour permettre aux jeunes de manger sainement. Elles leur permettent d’être moins dépendants des restaurants rapides et de réellement faire des choix parmi la panoplie de produits de base et de produits transformés, qui sont souvent riches en sucre, sel et gras.

La transmission de ce savoir-faire est nécessaire pour offrir de saines habitudes de consommation alimentaire aux adultes de demain. Par conséquent, il est important de développer les compétences alimentaires et culinaires des jeunes en attisant leur curiosité et leurs connaissances des aliments de base (ex. : légumes, fruits, légumineuses, etc.) et en augmentant leur habileté à les cuisiner. Plus autonomes dans la sélection et la préparation des aliments, ceux-ci deviennent alors moins dépendants des restaurants rapides et des produits ultratransformés souvent trop riches en sucre, sel et gras.

De plus, en apprenant à cuisiner des aliments qu’ils aiment et en prenant contact avec de nouveaux produits et de nouvelles saveurs, ils expérimentent le plaisir de s’alimenter sainement. Cet héritage contribue aux saines habitudes alimentaires sur le long terme.

Dépendance à la restauration et aux mets préparés

Depuis quelques décennies, on observe une consommation de plus en plus importante d’aliments transformés achetés à l’épicerie ou encore préparés dans un restaurant1,2.

  • Au Québec, 84 % des adultes vont au restaurant au moins une fois par semaine3.
  • En moyenne, les Québécois consomment 2,5 repas au restaurant par semaine4.
  • Plus de 50 % des jeunes Québécois consomment au moins un repas du restaurant ou d’un établissement de restauration rapide chaque semaine5.

En parallèle, la publicité de nombreux produits préparés disponibles sur le marché se plaît à entretenir le mythe que cuisiner est une corvée difficile et que cela prend trop de temps6.

Impacts sur la qualité de l'alimentation

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Un nombre croissant d’études arrivent à la même conclusion : les jeunes adultes qui cuisinent régulièrement consomment moins de restauration rapide et de friture. De plus, ils atteignent davantage les recommandations nutritionnelles 7,8,9.

De même, les enfants qui cuisinent, explorent les aliments avec leurs cinq sens ou jardinent, ont une plus grande volonté de goûter à de nouveaux aliments, sont plus ouverts à une variété d’aliments et semblent consommer davantage de fruits et légumes10,11,12,13,14.

À l'école : des ressources inspirantes

Bien que l’école soit un milieu propice au développement des compétences alimentaires et culinaires, la cuisine n’est plus formellement enseignée dans les écoles québécoises depuis 1997. Dans le contexte actuel d’épidémie d’obésité et compte tenu de la réalité contemporaine de conciliation travail-famille, il est inquiétant de voir certains jeunes privés de ce savoir-faire.

Pour pallier ce manque, plusieurs programmes inspirants, qui s’arriment au curriculum scolaire ou prennent vie en service de garde ou dans le contexte parascolaire, ont été mis sur pied au fil des ans. Cette expertise dans la transmission du savoir-faire culinaire et alimentaire aux jeunes et dans le développement de leur autonomie alimentaire est une ressource précieuse qui doit être préservée et encouragée.

De plus en plus d’acteurs se prononcent en faveur d’ateliers alimentaires et culinaires à l’école. Cette mesure récolte aussi un fort appui de la population : 90 % des Québécois croient que l’école devrait proposer de telles activités aux jeunes15.

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Conséquemment, un comité d’experts réunis par la Coalition Poids a émis des recommandations pour le gouvernement, le milieu scolaire et les municipalités, afin que soient mises en place les conditions nécessaires pour que l’école québécoise puisse contribuer au développement des compétences alimentaires et culinaires des jeunes.

Dans le Trio de recommandations pour permettre aux jeunes de développer leurs compétences alimentaires et culinaires à l’école, vous trouverez de l’information sur l’importance de :

  • Favoriser et soutenir le développement des compétences alimentaires et culinaires en classe ;
  • Supporter et encourager les ateliers alimentaires et culinaires dans les services de garde scolaires, les activités parascolaires et la vie étudiante ;
  • Faciliter le partage des locaux et des équipements ou l’approvisionnement en aliments destinés aux ateliers alimentaires et culinaires.

 
 
Ces recommandations ont été formulées par un comité d’experts formé par les Ateliers Je suis capable, la Coalition québécoise sur la problématique du poids, Extenso, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, ÉquiLibre, Jeunes pousses, La Tablée des Chefs, Les ateliers cinq épices, Québec en Forme et la Société canadienne du cancer – Division Québec.

À la maison : la transmission familiale

Le rythme de vie ayant changé, la conciliation travail-famille est désormais un défi pour certains parents. Cela entraîne l’utilisation de plus en plus fréquente d’aliments ultratransformés qui nécessitent un minimum de préparation.

Plusieurs enfants voient peu souvent leurs parents cuisiner et certains parents ne sentent plus qu’ils ont les notions requises pour les transmettre à leurs enfants16. Alors que 8 adultes sur 10 ont vu leurs parents cuisiner tous les jours, ce n’est qu’environ 4 parents sur 10 qui cuisinent aujourd’hui chaque soir17. Les enfants ont donc moins d’opportunités d’apprendre à la maison.

Comme la cuisine n’est plus enseignée dans les écoles québécoises, le milieu familial joue un rôle important dans la transmission des compétences alimentaires et culinaires.


Références