Au Québec, malgré les efforts des professionnels de la santé et de nombreux organismes engagés dans la promotion d’un mode de vie sain, l’embonpoint et l’obésité continuent de croître. Selon les données mesurées de 2015, 30 % des jeunes Québécois (5 à 17 ans) ont un surplus de poids1.

En plus d’avoir un effet sur la performance scolaire2, l’obésité a des impacts considérables sur la société aux plans humain et économique, car elle est associée à plusieurs maladies chroniques invalidantes comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et différents cancers3,4. Pour réduire et prévenir ces maladies, il est essentiel que les Québécois adoptent et maintiennent de saines habitudes de vie tout au long de leur vie, et ce, dès le plus jeune âge.

Niveau d'activité physique des jeunes

La sédentarité est un facteur de risque pour le développement de l’embonpoint, l’obésité et plusieurs maladies chroniques5. Au Québec, non seulement observe-t-on une diminution de la pratique d’activité physique chez les jeunes, mais également une diminution de leur condition physique, leurs capacités cardiovasculaires et leurs habiletés motrices6.

Les jeunes de 5 à 17 ans devraient cumuler un minimum de 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée par jour, un seuil loin d’être atteint au Québec.

  • 44 % des jeunes de 12-17 ans déclarent atteindre les recommandations dans le cadre des loisirs (51 % des garçons et 35 % des filles)7.
  • 29 % des 12-17 ans sont sédentaires ou peu actifs dans leurs loisirs et leurs déplacements8.
  • Près de deux jeunes sur trois passent 15 heures ou plus par semaine devant un écran à des fins récréatives9.
  • Chez les 6-11 ans, 59 % sont actifs et 21 % sont moyennement actifs (excluant les jeux libres et les cours d’éducation physique et à la santé dans le cadre scolaire)10.

Pourtant, l’activité physique chez les jeunes a des effets bénéfiques sur la santé physique, le bien-être psychologique, la santé mentale, les compétences sociales et les habiletés cognitives11,12,13. Les études démontrent également qu’elle améliore les performances scolaires en favorisant la capacité d’attention, la concentration, la mémoire et un meilleur comportement en classe14,15,16,17,18. De plus, l’activité physique accroîtrait le sentiment d’appartenance à l’école et la persévérance scolaire19,20. Toutefois, l’ensemble de ces bienfaits est dépendant de la qualité des périodes d’activités physiques (fréquence, durée, nature, contexte et intensité).

L'alimentation des jeunes

Le fait de consommer une variété d’aliments sains, faibles en sucre, en sel et en gras saturés et trans contribue à une bonne santé et à la prévention des diverses maladies chroniques21. Une alimentation de qualité, équilibrée et variée est aussi associée à une meilleure performance scolaire22,23.

La consommation de fruits et légumes est un indicateur souvent utilisé pour estimer la qualité de l’alimentation. Ainsi, il est préoccupant de constater que la majorité des jeunes québécois ne consomment pas les portions minimales de fruits et légumes recommandées par le Guide alimentaire canadien24.

  • 44 % des jeunes âgés de 9 à 13 ans mangent au moins six portions de fruits et légumes quotidiennement, tel que suggéré.
  • 29 % des filles et 28 % des garçons âgés de 14 à 18 ans consomment suffisamment de fruits et légumes par jour, soit au moins sept ou huit portions respectivement.

Lorsque l’on exclut les jus, moins rassasiants que les fruits et légumes et souvent riches en sucres libres, seuls 23 % des jeunes du secondaire atteignent les recommandations minimales. L’insuffisance de consommation de fruits et légumes entiers est donc encore plus inquiétante.

Par ailleurs, les jeunes québécois sont aussi de grands consommateurs de boissons avec sucre ajouté (boissons aux fruits, « sportives » ou « énergisantes », thé glacé, eaux vitaminées, etc.), considérant qu’environ 25 % d’entre eux en consomme au moins une fois par jour25. Ces derniers sont aussi moins susceptibles de boire une quantité d’eau suffisante. La consommation régulière de boissons sucrées est associée à l’obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires et à la carie dentaire26-46.

Enfin, près d’un jeune du secondaire sur deux consommerait de la « malbouffe » au restaurant ou dans un casse-croûte, deux fois ou plus par semaine (du lundi au vendredi), et ce, sans compter les fins de semaine47.