Seulement 7 % des jeunes canadiens sont suffisamment actifs1. Cette situation est préoccupante, parce que l’inactivité physique est un facteur de risque largement documenté pour l’embonpoint, l’obésité et plusieurs maladies chroniques2. L’inactivité physique est également responsable d’un décès sur 10 à travers le monde3.

L’activité physique a de nombreux effets bénéfiques sur la santé physique, le bien-être psychologique, la santé mentale, les compétences sociales, les habiletés cognitives et la réussite scolaire, en particulier durant l’enfance et avant la puberté4. En effet, les études démontrent que l’activité physique améliore les performances scolaires en favorisant notamment la capacité d’attention, la concentration, la mémoire et un meilleur comportement en classe5,6,7,8,9. Elle favorise également le sentiment d’appartenance à l’école et tend à assurer une plus grande persévérance scolaire10,11.

L'école, un milieu privilégié

De par sa mission éducative, l’école est un milieu privilégié pour acquérir les connaissances, habiletés et habitudes qui permettront de mener une vie saine et active12. Comme les enfants et les adolescents passent la majeure partie de leur temps à l’école, c’est aussi un milieu qui peut offrir à la grande majorité d’entre eux de nombreuses occasions d’être physiquement actifs13.

L’Organisation mondiale de la Santé encourage les pays à créer une politique qui aborde adéquatement la santé en milieu scolaire, ce qui devrait comprendre des activités physiques avant, pendant et après les heures de classe des élèves14.

Pour que les jeunes effectuent un minimum de 60 minutes d’activité physique par jour et qu’ils en retirent une expérience positive, plusieurs interventions en milieu scolaire se sont montrées efficaces et prometteuses15,16,17.

La Coalition Poids estime donc essentiel de prioriser l’activité physique à l’école comme piste de solution pour faire face à l’épidémie grandissante d’obésité. La population et les experts de l’activité physique et du sport s’entendent également sur la nécessité de rendre les jeunes plus actifs à l’école, démontrant ainsi un réel consensus pour agir.

Les jeunes bougent de moins en moins

De façon générale, les jeunes garçons sont plus actifs que les jeunes filles, mais le niveau d’activité physique tend à diminuer avec l’âge18. On observe un déclin de l’activité physique chez les filles de 9 -12 ans et chez les garçons de 13 – 16 ans19.

Au Québec

En 2010-2011, environ 30 % des élèves québécois du secondaire n’atteignaient pas le niveau recommandé de 60 minutes d’activité physique par jour20 :

  • seuls 16 % des élèves sont suffisamment actifs durant leurs temps libres, à la maison, à l’école, ou ailleurs ;
  • près de 60 % des élèves ne font pas de transport actif durant l’année scolaire ;
  • lors du passage à l’adolescence, un tiers des jeunes abandonne la pratique d’un sport21.

Au Canada

En 2007-2009, seuls 7 % de jeunes canadiens atteignaient 60 minutes d’activité physique par jour22 :

  • 9 % chez les garçons ;
  • 4 % chez les filles.

Chez les jeunes, plus de 8 heures par jour sont consacrées à des activités sédentaires, c’est-à-dire 62 % de leur temps d’éveil23.
Chez les 15 à 19 ans, le temps consacré à des activités sédentaires dépasse 9 heures par jour24.

Solutions prometteuses

La Société internationale pour l’activité physique et la santé identifie l’école comme étant un milieu de vie essentiel à mobiliser25, compte tenu que les jeunes y passent la majeure partie de leur temps. Ils y acquièrent des connaissances, des habiletés et des habitudes pour mener une vie saine et active26. Il s’agit donc d’un milieu idéal pour leur donner les moyens et les occasions d’être physiquement actifs au quotidien27. De plus, il est démontré que l’activité physique a un impact positif sur la réussite éducative28.

Les données d’une méta-analyse réalisée aux États-Unis indiquent que les interventions pour favoriser les saines habitudes de vie réalisées dans un cadre scolaire peuvent réduire significativement l’indice de masse corporelle des élèves29.

5 recommandations pour permettre aux jeunes d’être plus actifs à l’école
5-recommandations

Un comité d’experts, réuni par la Coalition Poids, propose des interventions appuyées par la littérature scientifique pour permettre aux jeunes d’être plus actifs à l’école30,31,32,33. Ces pistes de solutions, destinées au gouvernement, au milieu scolaire et aux municipalités, visent à rejoindre un nombre important de jeunes, quel que soit leur statut socioéconomique, et peuvent être adaptées à la réalité de chaque milieu.

Ces recommandations ont été formulées par un comité formé des organismes suivants : Agence de la santé et des services sociaux de l’Estrie, Coalition québécoise sur la problématique du poids, Égale Action, ÉquiLibre, Faculté d’éducation physique et sportive de l’Université de Sherbrooke, Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec, Fédération des kinésiologues du Québec, Québec en Forme, Réseau du sport étudiant du Québec, SPORTSQUÉBEC et Vélo Québec.


Références